Cette pseudo-trilogie serait incomplète si j’avais omis de présenter le coeur cette combinaison optique à l’ancienne (avec les 12mm F2 et 75mm F1.8 déjà présentés), i.e. avec l’objectif Olympus M.Zuiko 25mm F1.8 Premier. Cette première version, made in Japan, est compacte (diamètre filtre de 46mm), légère (136g avec une fabrication très polymère) et offerte en deux livrées noir ou argent. La nouvelle version II de OM System en noir seulement, made in Vietnam, est maintenant résistante aux intempéries (AW) et construite de façon plus métallisée (156g pour cette nouvelle version versus le 136g original).
En format d’image Micro Four Third ou µ43, la longueur focale de 25mm représente l’optique normale ayant un angle de champs visuel de 47 degrés. Avec cette focale, les dimensions des objets apparaitront proportionnellement identiques à notre vision habituelle. C’est donc une optique très prévisible en termes de sujet et de sa perspective contextuelle.
Les objectifs dit standards ont été longtemps considérés comme la porte d’entrée ou initiatrice pour beaucoup d’appareils photo peu importe en était leur format d’image respectif que ce soit en l’argentique (pellicule-film) ou même en numérique à l’occasion. Ils sont aujourd’hui grandement supplantés par des objectifs-zoom dits trans-standards dont la longueur focale varient la plupart du temps du semi-grand angulaire au petit téléobjectif et dont leur ouverture maximale reste variable très souvent et donc, très modeste au contraire des optiques fixes normales, avec une perte allant de deux à trois crans d’exposition et, ce faisant, leur latitude de profondeur de champs reste limitée également.
En termes de versatilité, le M.Zuiko 25mm F1.8 a des atouts indéniables en vertu de sa grande simplicité. Sa définition d’image est au dessus de beaucoup d’optiques zoom d’entrée de gamme, son ouverture maximale lui permet d’aborder la plupart des situations de faible à grande luminosité, sa distance de mise au point minimale est suffisante pour la photographie de proximité pour beaucoup de sujets, et il est léger et compact et discret en toutes circonstances. Reste la question de son angle de champs fixe de 47 degrés qui suppose une plus grande mobilité du photographe ou une plus grande sélectivité de composition et de cadrage de sa part.
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En 2017, j’avais déjà présenté un compte rendu personnel à propos de ce M.Zuiko 25mm F1.8 dans lequel j’illustrait les vertus de l’utilisation d’une optique standard peu en importait le format de capteur. D’ailleurs plusieurs photographes de renom ont souvent choisi cette catégorie d’objectifs dit normaux pour produire l’essentiel de leur portfolio. Cela tient également au facteur compact et discret de l’optique qui en a fait longtemps un préféré pour la photo baladeuse (street photography). Mais au delà de cette application pratique intéressante, à peu près tous les sujets sont à la portée d’un objectif standard et c’est souvent ce pourquoi ‘il est perçu comme l’optique d’apprentissage par excellence à la prise de vue photographique.
Avec une large bague de mise au point manuelle, le M.Zuiko 25mm F1.8 ED invite le ou la photographe à ajuster ce paramètre soi-même pour en constater les effets de sélectivité du sujet principal et de profondeur de champs quand on choisit son ouverture maximale de F1.8. Cette bague de M.A.P. offre une résistance plutôt faible et n’a pas de butée de mise au point minimale et d’infini comme ses consoeurs, les M.Zuiko 12mm F2 ED et 17mm F1.8 ED. De plus, l’absence de permutation rapide et à la volée (« clutch system ») entre la mise point automatique et manuelle rend l’option plus compliquée à concrètiser. Cependant la définition d’image du M.Zuiko 25mm F1.8 est très bonne et son rendu colorimétrique en accord avec les autres modèles d’optiques de la gamme M.Zuiko.
À l’usage, un objectif standard tel le M.Zuiko 25mm F1.8 ED incite à la photographie simplement. Le déclenchement de la caméra n’engendre pas de questionnement sur la pertinence de la prise de vue. Il suffit d’anticiper, de cadrer et de presser le déclencheur avec une seconde nature du photographe quel qu’il soit. En fait c’est un peu un élan de pure nostalgie qui me renvoie à l’âge bienheureux de la découverte et de l’apprentissage fascinant de l’acte photographique.
Tout est prévisible de cette optique, sa perspective, la dimension du sujet et sa réactivité couplée de sa plus grande ouverture maximale. Même son angle de champs plus restreint est à la fois un atout certes un peu contraignant qui incite à mieux se positionner et à explorer d’autres angles de vue, une habitude passablement oubliée depuis l’avènement des objectifs-zoom. L’option de photo panoramique quand elle est disponible, peut aussi supplier à son angle de champs visuel plus restreint.
En situation de photo-reportage et lorsque la luminosité générale est très pauvre, l’Olympus M.Zuiko 25mm F1.8 constitue une option très viable et suffisamment souple pour s’adapter à différents sujets à perspective variable. Si vous l’utilisez avec un appareil photo doté de la stabilisation interne de son capteur d’images, vous serez probablement en mesure d’opérer avec des temps d’obturation assez long de l’ordre de la demi-seconde et ce même à main levée.
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S’il reste un dernier argument pour vous convaincre d’explorer le monde d’une optique standard, eh bien que ce soit son tarif plutôt attractif d’acquisition. Cette expérience photographique est à la portée de tous les budgets et le M.Zuiko 25mm F1.8 Premium en est un bon exemple pour peu que vous en faites la recherche sur le Web que ce soit pour un produit neuf ou de seconde main. Mais ne vous méprenez pas car même à ce plus petit prix, cet objectif standard mérite toute notre respect!
Photos Daniel M





Bonjour Daniel,
Très bon article, je ne savais pas que les premières versions étaient japonaises. Tu ne rencontres pas de problème d’aberrations chromatiques sur ton exemplaire ? Avec le mien c’était une catastrophe, au point que je l’ai pas gardé.
Bienà toi
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