Pour moi, pour toi, pour elle ou lui: tes désirs sont ma ruine !

L’ambivalence d’une passion se traduisant par l’acquisition (onéreuse!)
des deux types d’appareil en visée indirecte et directe

C’est inévitable, on aime bien se procurer un nouvel appareil en propre comme au figuré! Que voulez-vous c’est inné dans notre volonté d’essayer, de posséder, d’afficher, etc. Depuis les pointes de flèches et les premiers casse-pipes de la dernière période glacière l’espèce humanoïde est attiré par le pouvoir réel ou appréhendé des objets de tout acabit. Et dans le domaine de la photographie c’est encore plus flagrant. Et maintenant que les appareils photos sont devenus aussi des objets d’art ou des bijoux luxueux cette tendance devient encore plus prononcée.

Il y a longtemps que je participe à cette vague de la recherche sans fin du bel outil-objet photographique. À la limite il me sont tous attirants mais certains prennent plus de temps à se faire aimer et j’avoue quelques mal-aimés notoires malgré toute ma bonne volonté. Il semble même que certains manufacturiers bienheureux sur leur vieille renommée, bonjour Canon et Nikon, ont abandonné toute nouvelle recherche d’esthétisme au profit du.. profit! Mais pour d’autres quelle imagination et quelles belles réalisations ont peuplé ces dernières années notre univers de photo-caméras-consommateurs. Merci Sony, Fujifilm, Panasonic, Olympus pour tous ces beaux efforts.

Comme beaucoup d’autres je suis partagé entre les ténors de la visée centrée autrefois défendue par les SLR, reflex mono-objectif, et les irréductibles de la visée décentrée anciennement représentée par les viseurs à télémètre couplé de l’épopée argentique.  J’ai donc opté pour les deux me ruinant ainsi à maintenir tant bien que mal mon budget photo à un niveau au seuil du déraisonnable. Et l’on comprend les quatre fabricants de l’heure, Sony, Fuji, Pana et Oly, d’offrir ces deux possibilités si adroitement.

Le même dilemme se pose pour le choix des optiques à pourvoir pour ces boitiers numériques modernes. Doit-on privilégier ces superbes et compactes focales fixes mignonnes comme tout ou choisir la versatilité des objectifs-zoom plus encombrant mais si souple d’emploi? Pour ma part j’ai résolu l’énigme en couplant les fixes avec les modèles à viseur décentré et les zooms avec les appareils à viseur centré. Par contre j’ai tendance à commettre de fréquentes digressions à cette règle en inversant les combinaisons, d’où l’importance de ne choisir qu’un seul système…

Autre sujet de controverse, balayons sous le tapis tous ces pseudo arguments du coté utilitaire de nos outils-objets car la plupart de ceux-ci sont désormais capables de produire de belles images, si vous le souhaitez bien entendu, car en vitrine ce n’est pas un absolu ceci étant dit pour tous ces Leica de collection. Cependant sur la « table à café »(Coffee table) il pourrait vous prendre l’envie irrépréhensible de faire une photo, qui sait? Heureusement il y a ces modes tout-auto très performant à votre disposition pour réaliser à la volée « la » photo du siècle, ne soyons pas modestes s’il-vous-plait.

Avec deux appareils je peux facilement auto-photographier mes beaux outils-objets pour les afficher sur mon blog par exemple! Ne vous demandez pourquoi les grands fabricants consacrent une fortune pour s’assurer de diffuser des illustrations impeccables de leurs produits et cela n’est certainement pas nouveau car Dieu sait comment j’ai pu rêver de ces beaux Nikon, Pentax, Minolta, Canon, Olympus et autres présentés dans de superbes dépliants, encarts et cahiers en couleur imprimés sur papier-carton glacé, il y a même un marché de revente de ces anciennes publications données gracieusement à l’époque!

Mais je m’égare et il y a bien des musées d’équipement photographique que j’aimerais m’égarer aussi à l’occasion si les frais de déplacement et de séjour ne seraient si élevés en Europe et en Asie. Entretemps il y a tous ces beaux sites Internet sur certaines collections d’appareils comme Leica, Nikon, Olympus et j’en passe. Et ces sites fort bien documentés pour la plupart ne peuvent qu’accroitre votre passion pour le bel outil-objet.

Comme toute passion « d’art » celle concernant l’équipement photographique peut être onéreuse et même très. Alors laissons le soin au « musées » corporatifs et aux mécènes spéculateurs de ce monde le soin de créer des collections originales et contentons-nous de la contemplation sélective et actualisée de quelques beaux spécimen de notre goût du moment (1).

(1) N’oubliez pas de conserver l’emballage d’origine pour la revente… !



Long gone but lovely cherished Leica I G w/optical viewfinder 

L’ode à l’objet… en photographie!



Bien sûr il faut être de son temps et donc de l’instantané-présent! Car nous vivons dans l’éphémère furtif ou la consommation matérielle effrénée et sans cesse renouvelée devient un acte de vie incontournable, une raison d’exister. En fait il ne s’agit plus de posséder ou encore d’être propriétaire mais plutôt de « passer GO » à toutes les modes, tendances, soubresauts d’une frénésie d’achats, de locations, de passades consommatrices. Et pour empirer le tout la désuétude des objets est maintenant programmée au quart de tour avant même que ce matériel devienne enfin familier dans notre petit univers humain.

Venant d’un consommateur invétérée de l’équipement photographique depuis, disons, quelques décennies, je parle en connaissance de cause. Et c’est bien là mon malheur… Mais il y a cette séduction irrésistible d’admirer un bel objet, de pouvoir le sentir dans ses mains, d’humer l’odeur de ses constituants, de saisir sa grandeur esthétique. Car ce n’est pas toutes les nouveautés (d’équipement photographique) qui ont accès à mon pinacle de l’objet d’Art, i.e. du nec le plus ultra en design et utilité conceptuelle. Par exemple de tous ces nouveaux DSLR je ne retiens aucune originalité d’accomplissement les uns pouvant s’inter-changer aux autres. Tout le contraire chez la gamme des appareils photo numériques dits « sans miroir » ou là la finesse, le clin d’oeil et la beauté pure se côtoient entre manufacturiers imaginatifs. Conclusion je ne peux résister ou alors très difficilement.

Plusieurs modèles d’appareils photo numériques sont visiblement devenus d’outil utilitaire à objet de collection absolument non-nécessaire mais si attirant! Oui ils sont fonctionnels au delà souvent de nos propres besoins mais encore ce qui les rend si désirable est plutôt leur jolie frimousse. Bref c’est l’éloge de l’objet avant sa nécessité fondamentale. Et parfois ce même appel à l’admiration esthétique pure a une conséquence inattendue en ce sens qu’elle incite à l’accomplissement de la création photographique. Et pourquoi pas! Ne sommes-nous pas rendu tous de grands artistes du moment présent et bref par définition?

Il y a donc un appel à collecter ce patrimoine des beaux appareils photo numériques avant qu’ils soient tous broyés et réduits en pâte de récupération par la roue de course au changement. Allons musées, collectionneurs, mécènes, au travail et offrez-nous de belles expositions sur l’éloge de l’objet en photographie!