On entend souvent qu’en vieillissant plusieurs photographes tendent à privilégier un équipement photo réduit en poids et en dimensions comparativement à ce qu’ils utilisaient antérieurement. Bien que cette affirmation contient certainement une part de vérité, elle cache cependant une toute autre réalité pour les chasseurs d’images peu importe leur âge ou leur niveau d’expérience. Cette réalité que de tout temps ou de toute autre époque, veut que beaucoup de photographes de ce monde ont recherché et recherchent toujours un matériel de prises de vues moins encombrant et plus léger.
Sur le terrain et à moins que vous ayez un-e assistant-e qui transporte une partie de votre équipement, le facteur d’encombrement joue un rôle-clé dans la promptitude à prendre des photos, dans la fatigue générée par votre mobilité souvent nécessaire surtout en reportage et en assignation extérieure ou simplement dans votre aptitude à faire des choix matériels entre vos appareils et vos objectifs. Si vous travaillez de façon professionnelle (rémunérée ou non), vous serez appelé à transporter ce matériel sur vous ou encore à l’aide de contenant(s) dédié(s) à votre pratique photographique. Le paradigme « une camera-un objectif » ne peut plus s’appliquer simplement en considérant les solutions de sauvegarde essentielles pour la réalisation de votre sujet que ce soit un boitier additionnel ou encore une ou des optique(s) alternative(s). Tout le monde a sa recette personnelle à cet effet mais peu importe, elle comporte immanquablement plusieurs ingrédients.
Il y a aussi cette conviction voulant qu’en ce qui concerne les différents formats de capteurs d’image qu’ils soient argentiques ou numériques voulant que plus ils sont grands, plus ils impliquent un matériel de plus grandes dimensions et de poids plus élevés. C’est juste si on considère seulement leurs équivalence en terme de caractéristiques comparables de performance comme par exemple l’ouverture maximale des optiques. Mais dans les faits, si vous acceptez certains compromis techniques et/ou budgétaires, il est possible d’utiliser de plus grand format. Dans mes années argentiques de reportage en sports motorisés, l’essentiel de mon équipement photographique était dédié au format mini 35mm mais il m’arrivait d’utiliser sur le terrain une Fujica GS645 dont le format de pellicule 6 X 4.5cm se prêtait bien à l’illustration de couverture des magazines avec une définition bonifiée. Pour sûr cette option comportait des contraintes additionnelles de prise de vues et exigeait du photographe plus de mobilité tout en étant un peu plus risqué!
Ce qui m’amène à cet argument contradictoire que j’ai moi-même parfois colporté (mea culpa!) voulant qu’avec l’âge, on opte nécessairement pour un système fondé autour d’un capteur d’images plus petit. L’une des raisons majeures pourquoi j’ai choisi le format Micro Four Third (MFT), c’est que physiquement c’était celui qui me rappelait le plus en terme d’ergonomie mes anciens boitiers 35mm reflex ou à télémètre couplé. En terme de manipulation, je retrouvais la même facilité d’utilisation et de transport. Et cette remarque prévaut aussi pour le format numérique APS-C jusqu’à un certain point. Au niveau de la performance pure et statistique, je pouvais accepter certains compromis théoriques qui ne mettaient pas en cause la faisabilité des projets photographiques envisagés. Déjà à l’époque de l’introduction du Olympus OM-D E-M5 original, de « jeunes » photographes de profession avaient adopté avec succès le système MFT que ce soit comme pour le reportage, l’événementiel comme le mariage, ou encore pour la photo d’action comme le ski alpin.
Il faut aussi considérer qu’un-e photographe en assignation doit nécessairement planifier une sauvegarde matérielle qui comporte souvent un second boitier et une certaine redondance en terme d’optiques à utiliser sur le terrain. Cela ajoute beaucoup à la réflexion quant aux choix possible de système photographique. À moins que vous aimez prendre le risque (ce qui m’est déjà arrivé!), une duplication matérielle est une police d’assurance presqu’incontournable en prise de vues professionnelle, rémunérée ou non.
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Quand on aborde la question de la dimensions des objets usuels de la vie, on oublie souvent que « Small is beautiful » pour citer le titre fameux du livre de E.F. Schumacher publié en 1973. Et je dois admettre que j’admire l’ingéniosité souvent incluse dans la fabrication des objets plus compacts, autrement dit aux dimensions plus humaines. D’un cas spécifique comme la pratique de la photographie, on peut transposer cette approche aux autres aspects matériels de notre vie. Au fond cela reste de l’ordre d’une philosophie d’être et d’agir.
Photos Daniel M




