Les petits formats chez les pros: une vieille tradition!

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Une image iconique de Che Guevara prise en 1960 par Alberto Korda sur film 24X36mm (135) et recadrée par la suite.
Source photo: Wikipedia

Rien de nouveau sur la planète Photo. Pour plusieurs sujets, des appareils photo compact ou ayant un format réduit de surface de captation, argentique ou numérique, ont été et sont encore couramment utilisés avec succès professionnellement parlant. Alors quelle est cette perpétuelle et lancinante persistence à dénigrer les petits formats? Un snobisme qui empoisonne toute objectivité quand on parle photographie pratique et intéressante.

Il fut un temps que le format 24X36mm appelé aussi 135 ou 35mm en argentique était considéré comm un mini format. Aujourd’hui, il se proclame, indument d’ailleurs, “plein format”, en anglais full format, si bien qu’on en a oublié la vrai signification de cette expression décrivant une technique de tirage consistant à utiliser la totalité de la surface de l’image enregistrée peu importe la grandeur de négatif ou positif employé pour la prise de vues. Il y a donc à tout le moins méconnaissance mais peut-être aussi pour beaucoup une médisance malsaine et volontaire.

Pendant ce temps les vrais professionnels eux se balancent totalement de ce faux débat et utilisent leur propre recette en termes d’équipement de prise de vues, de traitement d’image et de support de diffusion. Et oui c’est ainsi qu’elles ou ils s’en foutent éperdument ainsi que de tous ces pseudo tenors omniscients de la photographie de salon genre pixels-pippers qui sévissent dans ces forums où certains naifs s’y laissent prendre encore, mais de moins en moins il faut l’avouer.

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Alberto Korda observant son négatif 35mm original. Source photo: inconnue

Mon bonheur est d’explorer l’univers photographique en images et d’y découvrir de vraies perles dont l’origine se retrouve dans l’usage d’appareils compacts tout à fait adéquats mais surtout techniquement bien maitrisés par leurs utilisateurs respectifs. Bien sûr le contenu l’emporte sur le contenant et tout photographe de métier le sait très bien. Pendant mes années de photographie corporative et freelance, il m’est arrivé peut-être une fois ou deux qu’un client m’a demandé quel appareil ou quel film j’utilisais. Si jamais quelqu’un vous pose cette question, interrogez-vous plutôt sur son intérêt à le faire alors qu’il devrait à priori se préoccuper d’obtenir un produit final répondant à ses besoins.

Par rapport à la période argentique, les capteurs d’image numériques des appareils photo d’aujourd’hui sont capables de prouesses techniques inimaginables comme une sensibilité ISO variable et poussée, un ajustement immédiat de la température couleur de l’image, une dynamique étendue entre les hautes et basses luminosités, une capacité énormément accrue du nombre de prises de vues, un coût quasi nulle de l’espace de mémorisation des images et j’en oublie. Et tout ça avec des appareils photo de plus faible encombrement et de poids réduit. Alors pourquoi s’en priver?

 

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Source photo: Hasselblad

Même chez les manufacturiers d’appareils au capteurs de moyen format, on voit apparaitre de plus en plus des modèles plus petits et légers comme chez Hasselblad et Fujifilm. S’il est vrai qu’un plus grand capteur d’image induit nécessairement une meilleure qualité d’image théorique, est-ce que cette différence reste perceptible sur les supports de présentation des ces photos. En bref s’il faut pousser le grandissement au delà des limites du raisonnable, où en est la justification tant artistique que professionnelle?

Il est plus que temps de briser ce mythe du grand format et de ramener le débat au niveau des véritables préoccupations des photographes, i.e. pouvoir utiliser un matériel suffisamment performant et ludique qui encourage la créativité et la productivité photographique. Tout le reste n’est qu’un débat futile ..!

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