Compacité et relativité (des appareils photos)

Un géant parmi les tout-petits…?!
La compacité est une chose bien relative car elle dépend essentiellement des perceptions. Par exemple, pour plusieurs, le Fujifilm X-H1 est un appareil professionnel compact même si on le combine avec un objectif Fujinon pro comme le XF 16-55mm F2.8R LM WR. J’ai eu l’opportunité de posséder brièvement cette combinaison boitier-objectif et bien sûr j’ai apprécié la qualité exceptionnelle de construction, d’ergonomie et des images exceptionnelles obtenues avec. Cependant je dois ajouter que mes membres porteurs (mains, bras, épaules et dos) l’ont perçu d’une toute autre façon surtout en comparaison de ma sélection habituelle du Fujifilm X-T20 avec l’objectif Fujinon XF18-55mm F2.8-4R LM. Dans ce cas précis, la différence de poids et de dimensions passe du simple au double.

Un compact comme le Fujifilm X-E3 répond bien
de cette définition de petit format ludique

Ce qui m’amène à ce débat sur la compacité relative des choses. Prenons un autre exemple de l’appareil cellulaire dont les dimensions d’origine éléphantesque sont passées au micro-format pour ensuite se rétablir dans leurs dimensions actuelles s’apparentant de plus en plus à une mini-tablette numérique, le format de poche étant réservé maintenant aux peu fortunés dont je suis! Évidemment je conçois aisément qu’il n’y pas à proprement parler de forme, de format et d’aspect idéal aux choses puisqu’elles s’adressent à une diversité d’utilisateurs aux caractéristiques ergonomiques très différentes.

Mais revenons à nos appareils photo numériques d’aujourd’hui, un créneau de produits de plus en plus spécialisé un peu à l’image d’un passé moins récent car l’instantané est devenu très justement l’adage des appareils cellulaires multi-fonctionnels. Il y a donc un certain nombre de catégories de ces appareils. Les plus petits se glissent dans la poche et utilisent une optique fixée définitivement au boitier. Il y a aussi ces appareils possédant des objectifs zoom à très grande amplitude proposés dans des boitiers tout en un qu’on appelle “bridge” et donc qui font le pont entre l’ignorance et la compétence.

Bien qu’il mimique l’esthétique des anciens boitiers reflex,
le Fujifilm X-T20 est véritablement un appareil de faible encombrement.

D’autres proposent l’interchangeabilité des objectifs tout en se contentant d’un plus petit format de capteur d’images. Ici le débat prend toute sa verdeur si j’ose dire opposant les différents défenseurs de la veuve et l’orphelin sur la base de performances techniques particulières à chacun de ces formats de capteurs dont l’utilité générale reste à prouver même un cadre professionnel. Et la nomenclature des catégories en dimensions d’appareils se poursuit jusqu’aux plus grands. Et bien entendu certains modèles continuent de se prétendre des compacts au delà de tout sens raisonné.

On a associé même certaines technologies comme les appareils n’utilisant pas de visée réflexe optique  mono-objectif, qui requiert un miroir et un penta prisme ou penta-mirroir, pour les assimiler à la catégorie des appareils dits compacts. Aujourd’hui avec les derniers modèles offerts par Canon et Nikon, il faut se rendre à l’évidence que le choix d’une technologie n’entraine pas automatiquement une réduction de poids et de dimensions. De ce point de vue j’ai tendance à considérer ces deux dinosaures du marché de l’équipement photographique comme … de prochains fossiles!

Mais la question se pose. La tendance à la compacité l’emportera-t-elle sur la résurgence des laideurs et de l’encombrement des prétendus “plein format”? Je dois avouer que ma foi profonde pour le petit, bien fait, pratique et esthétique vacille parfois devant l’agression actuelle de ces tenants de la version du machisme matérialiste. Mais j’entretiens l’espoir que la raison l’emportera sur l’absurdité et l’ignorance. En un mot, restons compacts et concentrés mes frères et soeurs!

Advertisements