Il y a toujours ce débat qui confronte intelligence dite humaine versus  sa version dite artificielle mais il faudrait plutôt parler d’intelligence biologique, humaine, animale ou même végétale versus celle issue de la technologie cybernétique d’aujourd’hui et en devenir. Car le point central de toutes ces intelligences souvent indissociables, est bien leur support matériel d’introspection et d’expression. 

Peut-on vraiment considérer toute idée comme une pure invention de l’esprit en dehors de tout référent qui la sous-tend?  Bien sûr que non.

 Avec l’avènement de l’intelligence artificielle j’entends souvent évoquer la créativité pure comme pendant exclusif de l’intelligence humanoïde par opposition au raisonnement cybernétique. Désolé mais cela cache le rôle essentiel de l’apprentissage liée à la connaissance, à l’instruction et à l’éducation qui nourrit le cerveau de chacun d’entre nous. Il n’y a pas de création spontanée sans le fondement de tous les référents qui peuplent notre esprit si ingénieux soit-il à priori. Cela s’observe partout tant chez l’humain, le monde animal et végétal et dans tous les milieux vivants et évolutifs en général.

L’arrogance que certains manifestent envers l’émergence de l’intelligence artificielle n’a d’égal que leur profonde insécurité consciente ou non envers cette évolution. Après tout l’IA est bien une créature issu directement de ses géniteurs, soit l’humanité. Accepterons-nous pas seulement de l’exploiter à nos fins ou plutôt en ferons-nous une descendance productive dans un monde en devenir. Car l’IA va devenir un prolongement de l’évolution de l’intellect humain qui est promu à une plus grande longévité technique que notre actuel habitat biologique. Oui cela est révolutionnaire et inquiétant pour beaucoup mais une régression vers un passé de plus en plus destructeur de notre civilisation ultra-consommatrice est-elle une alternative valable?

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En photographie, l’intelligence artificielle a déjà fait ses classes très tôt par l’apparition des automatismes du réglage des paramètres d’exposition et de mise au point. Aujourd’hui la sophistication du matériel de prise de vues et d’édition de l’image se raffine à un rythme très soutenu et bien peu aurait pu prédire il y peu et en décrire leurs performances actuelles. Peut-on raisonnablement faire fi de toute cette progression? Je ne crois pas et je ne suis pas le seul qui le pense ouvertement ou non. On devrait plutôt chercher à s’en approprier à notre avantage ce que plusieurs ont d’ailleurs déjà fait et sans arrière-pensées.

Reste la question de la créativité que l’on associe souvent étroitement avec l’originalité exclusive ou encore l’authenticité incontestable, deux notions très réductrices de la valorisation d’une image qui origine du concept d’originalité qui serait le propre du photographe humain. Nous sommes curieux de nature (ou on devrait l’être  dans un contexte évolutif) mais l’IA le sera-t-elle aussi? Pourra-t-elle s’interroger sur le monde qui l’entoure et sur elle-même?Après tout ce sont des notions pour le moins intangibles car d’abord philosophiques en soi. Elles posent le pourquoi de toutes choses, nous inclus. Est-ce que l’IA pourra générer et produire sa propre photographie de l’univers? 

En tout état de chose il faudra bien un jour lui demander. Entretemps nous les humains de cette planète, nous demeurons encore les déclencheurs de cet art visuel qui nous passionne toujours!