Le format 24 X 36mm peut-il redevenir universel?

Source: Wikipedia

Tel est la question que certains se posent ou sous-entendent implicitement: le format 24 X 36mm de capteur qui est celui de l’ancien 135 (35mm) argentique, peut-il redevenir universel comme au temps du film traditionnel?

Plusieurs le souhaitent mais il y a des contraintes associés à ce choix et la plus grande est reliée aux dimensions des appareils photo numériques utilisant un capteur de 24 X 36mm approx. En effet la plupart des modèles sont imposants et lourds physiquement et il en est de même pour les objectifs destinés à ceux-ci. Bien sûr il y a des exceptions comme la série Leica M à mise au point manuelle et les boitiers Sony “sans-miroir”. Mais le fait demeure ces modèles sont ou bien onéreux (Leica) ou bien le parc optique ne correspond pas vraiment aux dimensions du boitier (Sony).

La question est de savoir si un manufacturier serait intéressé à provoquer une mutation du marché actuel dans cette direction. Chez Canon et Nikon certainement pas car la volonté n’existe tout simplement pas pour remettre en cause leur statut quo optique. Tout au plus quelques boitiers mirrorless feront leur apparition pour faire taire les critiques mais ils s’intègreront dans les séries existantes. Chez Fujifilm, Olympus et Panasonic, les choix sont déjà faits d’offrir des modèles compact spécialisés dans leur créneau en image fixe ou animée. Leur investissement en parc optique est déjà très avancé à cet égard.

Source: Ilford Photo

Alors que nous reste-t-il pour justifier l’universalité potentielle d’un format 24 X36mm approx. (appelé erronément Full Frame par les dogmatiques du format)? Peu de choses sinon une nostalgie longue à apaiser concernant l’ancien format 135 (35mm) argentique. Ce que je souhaite pour l’avenir est l’encouragement de l’effort des novateurs comme Fujifilm, Olympus et Panasonic et la lente mais inexorable extinction des majors aux pieds d’argile (dois-je mentionner leurs patronymes?) face à l’évolution de la techno-culture.

Reste la pseudo exigence de la qualité d’image mais est-ce bien un débat toujours pertinent aujourd’hui? J’en doute et j’en doute encore plus dans les prochaines années avec l’avancement des photo-capteurs numériques. De fait c’est un faux débat car tout capteur de dimensions supérieures donne nécessairement plus de définition que celui de plus petit format ce qui était vrai en argentine également.

Désolé mais le 24 X36mm approx. ne redeviendra pas un nouveau mini format photo-numérique universel, qu’on se le dise!

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Le dernier Photokina (ancienne version)?

Photokina 1954 Source: Wikipedia

Le premier “Photo- und Kino-Ausstellung” a eu lieu à Cologne en Allemagne de l’Ouest en 1950. À partir de 1951 l’évènement portera le nom plus commode de Photokina. À compter de 1966 l’exposition se déroula tous les deux ans. Photokina est sans contredit la foire photographique la plus reconnue et la plus visitée au monde. Les grands manufacturiers d’équipement et de matériel photographique y tiennent leurs exhibits à grand frais. Cependant la grande messe photographique de Cologne réduira son format dès septembre 2018 et deviendra un évènement annuel dès le mois de mai 2019.

Photokina a donc une longue histoire de plus de 67 ans. Différentes périodes et différentes participations de manufacturiers actuels ou passés l’ont marqué. Il n’y a qu’à se référer à l’omniprésence de la Cie Kodak durant quelques décennies. Le caractère teuton et masculin des débuts a graduellement laissé place à l’internationalisation, l’inclusion et l’innovation depuis quelques décennies. À noter également que Photokina est aussi un évènement de diffusion de l’art photographique.

Photokina 2004 Source: Wikipedia

Du coté commercial avec le retour du mois du juin et de la pause estivale habituelle dans l’industrie des équipements photographiques, les dés sont jetés sur les prochains objectifs de vente des grands manufacturiers. La plupart des intervenants-clé du secteur commercial ont déjà été informé des derniers développements de produits et les campagnes de marketing débuteront dès le mois d’août prochain en prévision d’une nouvelle saison automne-hiver 2018-2019 de consommation.

Pour les promoteurs d’appareils Canon et Nikon de type DSLR, l’hypothèse la plus probable est le dévoilement de modèles sans visée reflex optique traditionnel ayant un capteur de format 24 X 36mm typé FF. Ces appareils seraient compatibles avec le parc optique existant avec ou sans adaptation de monture particulière. Bref on remplace le viseur optique par une visée électronique. Ce faisant on évite tout bouleversement chez les utilisateurs de type DSLR. Il n’y aura donc pas de controverse à ce niveau.

Cela indique aussi que les formats plus compacts seront toujours offerts par le binôme Olympus-Panasonic et plus particulièrement dans leur version dite professionnelle. Du coté de Fujifilm on propose maintenant les deux solutions Pro dans les formats APS-C et médium. Seul Sony sera directement menacé par les nouveautés de Canon et Nikon.

Une carte postale de Cologne Source: Wikipedia

Le paysage de l’équipement photo traditionnel reste toujours encombré de multiples solutions et de nombreux fournisseurs, situation qui n’est pas nouvelle si on regarde l’évolution du matériel et des fabricants au cours des âges. Et il y aura des gagnants, des perdants, des persistants et des éphémères.
Est-ce que pour autant Nikon et Canon sont immuables dans ce marché? Certes non car sur une échelle de quelques décennies tout peut s’articuler très différemment au gré de l’évolution technique et humaine.

Ce dont nous sommes certains ou presque c’est que ce prochain Photokina marque la fin d’une époque  récente de l’industrie photo d’après-guerre (la deuxième). Le futur est ailleurs et possiblement ailleurs que chez les majors Canon et Nikon qui ne font que protéger une part rétrécissante du gâteau existant. On doit regarder ailleurs pour trouver des manufacturiers innovants dans les prochaines années. Enfin  les nouveautés potentielles de Canon et Nikon ne sont somme toute qu’un copié-collé des offres actuelles de la compétition. Seul la loyauté indéfectible de leur clientèle respective leur permettra de surnager momentanément. Mon capital de sympathie pour ces deux mastodontes du marché de l’équipement est maintenant très limité sinon pratiquement inexistant.

Le “nouveau” Photokina qui débutera vraiment en mai 2019 sera intéressant par sa fréquence augmentée (tous les ans) et par son format plus réduit en temps et superficie. Ce concentré de contenu (enfin souhaitons-le…) pourra faciliter son renouvellement pour peu que la photographie traditionnelle reprenne son élan et oublie ses anciennes illusions de “mass-market”.

Le Panasonic Lumix G 25mm F1.7 ASPH.: Vous trouvez cela normal?

Panasonic Lumix G 25mm F1.7 ASPH.

C’est vrai qu’il fut un temps où l’objectif dit “normal” se retrouvait de facto couplé sur la plupart des appareils photographiques. Seule sa distance focale pouvait varier en s’harmonisant au format du film (argentique). Son angle de champs visuel correspondant en gros à notre zone de netteté quand nous observons une scène à l’oeil.

D’entrée de jeu je dois avouer que je ne suis certainement pas un grand fan des objectifs dits “normaux”. Imposés par la tradition et par des motifs économiques j’ai toujours connu un certain nombre de frustrations reliées surtout à leur angle de champs visuel. Cependant je dois admettre que ces objectifs sont aussi des outils optiques très versatiles malgré leur distance focale fixée. Et en fait on peut affirmer que tous les objectifs normaux sont probablement la meilleure façon d’aborder le photographie traditionnelle. Ils font école et exigent du photographe un effort créatif dans sa prise de vues.

Une belle sélectivité du sujet à courte distance.

Le Panasonic Lumix G 25mm F1.7 ASPH. est une aubaine à tout point de vue. Son tarif très doux le rend accessible pour tout usager qui veut explorer le monde des objectifs à focales fixes. Son ouverture maximale de F1.7 est dans la bonne moyenne pour permettre un certain contrôle de la zone de netteté du sujet via le phénomène de profondeur de champs. Il est léger, discret et sa bague de mise au point élargie est pratique. Son pare-soleil dédié est inclus lors de l’achat, une saine habitude commerciale de la part de Panasonic. Avec un diamètre pour les filtres-accessoires de 46mm l’encombrement de cette optique de tous les jours demeure minimaliste.

À qui s’adresse ce petit “normal” de la gamme des Panasonic Lumix G? À priori certainement aux aimants de la photo traditionnelle. Car en excluant les aides courantes des objectifs trans-standards comme la variable de la longueur focale ou encore la stabilisation optique intégrée, le Panasonic Lumix G 25mm F1.7 ASPH. propose au photographe l’apprentissage et la maitrise plus poussé des grands paramètres de la composition, de l’exposition (du capteur) et de la mise au point plus sélective (profondeur de champs). De plus sa discretion lié à son faible volume rend la combinaison appareil-objectif moins intimidante pour le sujet principale de l’image en particulier si l’on choisit un modèle à viseur décentré, style rangefinder. Par ailleurs ce 25mm F1.7 jouit d’une flexibilité étendue sur le choix des sujets, des compositions, des styles de photographie pour peu que son utilisateur fait preuve  d’une mobilité minimale.

Une des caractéristiques que j’ai vraiment apprécié à propos du Panasonic Lumix G 25mm F1.7 ASPH. est sa grande facilité de mise au point en toutes circonstances mais plus encore en faible éclairage et pour un sujet à très courte distance. La réactivité accrue induite sur l’appareil photo utilisé est remarquable et est peut-être la conséquence de la combinaison d’une focale fixe et d’une plus grande ouverture maximale de l’objectif par rapport aux habituels zooms trans-standards et téléobjectifs.

La qualité des images résultantes du Lumix G 25mm F1.7 ASPH. se retrouve dans la bonne moyenne pour un objectif de format MFT. L’ouverture maximale de F1.7 n’est sûrement pas un handicap et pour être employée librement pour un meilleure contrôle de la zone de netteté du sujet principal de l’image. Panasonic offre le modèle Leica DG Summilux 25mm F1.4 ASPH qui a l’avantage marginal d’une plus grande ouverture maximale dans une dimension-poids similaire mais avec un tarif multiplié par trois! Une intéressante comparaison entre ces deux objectifs est disponible sur ce site Internet.

Le Panasonic Lumix G 25mm F1.7 ASPH. est une objectif très discret tant esthétiquement que mécaniquement. Il s’harmonise bien avec l’esprit des autres produits MFT de Panasonic qui privilégie la sobriété dans l’efficacité. Compte tenu de son tarif réduit et de sa polyvalence il peut être une addition facile et appréciée dans un ensemble photographique.

 

Hors-Propos: La vie en noir et blanc

(Le sujet hors-sujet!)

Bien sûr ce blog-photo est consacré à la photographie au sens large de ce sujet déjà vaste et presqu’infini. Mais comme plusieurs autres bloguistes, il m’est souvent difficile d’éviter d’aborder des sujets plus en périphérie du domaine de l’image fixée. Après tout si la photo est un témoignage interprété en prise directe de la réalité, ses auteurs n’en demeurent pas moins les initiateurs d’une telle démarche créative. Contexte, sensations, expériences personnelles font partis intégrante du contenu implicite de l’oeuvre photographique. Suivant cette perspective élargie, je me permets donc et de façon tout à fait impertinente d’ajouter maintenant des sujets “hors-propos” inspirés par la vie et les événements de tous les jours ou encore tirés du passé.

La vie en noir et blanc
Comme je suis issu de cette génération de l’après-guerre (de Corée!!!), non seulement l’image fixe ou animée a fait parti de ma culture visuelle mais surtout celle émanant d’un poste téléviseur en noir et blanc qui était le lot de tous à cette époque. D’ailleurs la qualité de l’image représentée à l’écran restait  hautement variable en ces temps héroïques de la diffusion gratuite des ondes. En conséquence par exemple plusieurs classiques du cinéma ont d’abord été visionnés en noir et blanc malgré leur format couleur d’origine. Il y avait la couleur pour la vrai vie et le noir et blanc pour le cinéma, l’actualité, le sport et la culture en général. Cela s’appliquait aussi pour la plupart des publications quotidiennes à l’exception notable des magazines comme Life ou Paris Match.

De sorte que la vision en noir et blanc de ce monde est devenue une sorte de référence culturelle quasi-universelle de ma génération. Mentalement nous avons même conservé un réflexe implicite à considérer une plus grande vraisemblance provenant des images en noir et blanc. Et même à l’exemple des décennies 1960 et 1970, le noir et blanc a gardé toute sa pertinence et sa fraicheur créatrice. Et aujourd’hui ce phénomène se perpétue toujours.

Car la représentation en noir et blanc a cette qualité graphique de définir plus facilement les contours du sujet sans distraction et d’accentuer les contrastes entre les zones sombres et lumineuses. Il nous apparait plus facile de décortiquer les éléments d’une image noir et blanc pour ensuite en déduire les interactions i.e. en apprécier la profondeur et e contexte. L’image ainsi retenue semble s’enregistrer plus distinctement dans notre esprit. Bien entendu l’abstraction des couleurs d’un sujet est un fort biais d’interprétation qui occulte une partie importante de la perception plus complète du sujet photographié. Par exemple pour toutes ces superbes photos-reportages de la guerre du Vietnam l’omission de la couleur exclut toute la richesse visuelle du contexte environnemental du sujet, entre autres la riche verdoyance du pays.

Et donc le noir et blanc n’est pas une panacée en soi quant on parle d’art ou de pratique photographie. C’est d’abord et avant tout une limitation technique sur laquelle plusieurs ont su avec ingéniosité et élégance recréer un univers visuel original. On peut parler même d’un effet photographique au même titre que d’autres filtres photographiques aujourd’hui aisément disponibles sur plusieurs appareils photo numériques ou à partir de plusieurs logiciels de post-traitement du fichier original (le négatif électronique d’aujourd’hui) de l’image. Mais l’intérêt même de cet effet noir et blanc reste son caractère historique universel bien ancré dans nos sociétés de maintenant.

Quand nous redécouvrons les images de notre passé en couleur aujourd’hui nous sommes surpris d’en nuancer notre ancienne interprétation plus radical car la représentation en couleur présente une palette plus étendue de tons et volumes associés au sujet et au contexte. Il y a donc une certaine radicalité de l’interprétation faite en noir et blanc, un genre de parti pris visuel si vous préférez. Il ne s’agit pas pour autant d’une facilité contrairement à ceux qui s’y opposent en prétextant sa facilité car ces mêmes personnes ont souvent de la difficulté à produire de bonnes images en noir et blanc. Et pour cause car car le noir et blanc exige une bonne maitrise de l’univers graphique, du jeu des contrastes et des nuances pour éviter une image confuse et à plat (sans volume). Le noir et blanc n’est donc pas un effet facile.

Avec la venue prépondérante de la photographie numérique, pratiquement tous les modèles d’appareils photo numériques contemporains vous offrent une option noir et blanc avec dans certains cas des variantes intéressantes. De plus vous pouvez également modifier votre image en post-traitement en variant certains paramètres typiques au format noir et blanc, un fichier RAW vous fournissant plus de latitude qu’un fichier JPEG “prêt à partager”. Avec la nouvelle visée électronique (EVF) vous pouvez afficher votre image noir et blanc dès avant la prise de vue, un avantage considérable par rapport aux anciens photographes qui devaient anticiper le résultat tant bien que mal. Il y a donc une véritable renaissance de l’effet noir et blanc en ce moment.

Certes vous l’avez sans doute deviné que je demeure un ardent défenseur de l’effet noir et blanc mais sans exclure la couleur de ma palette d’interprétation de l’univers visuel qui nous entoure. Le fait est que le noir et blanc a été longtemps porteur de l’art et la pratique de la photographique et qu’à ce titre il reste toujours un des effets photographiques les plus
intéressants à explorer et à partager entre nous.