Je suis en Pen…-F! : Impressions françaises sur l’Olympus PEN-F

Depuis l’an dernier, 2017, pendant laquelle j’ai publié l’un de mes blog-regards sur l’Olympus Pen-F j’ai toujours eu l’impression de ne pas avoir vraiment tout dit sur ma relation totalement subjective et affective avec ce modèle compact de format M4/3. Doté du même capteur de 20 méga-pixels que la version PRO de l’OM-D E-M1 Mark II, le PEN-F représente l’aboutissement logique de toute la série Pen d’Olympus depuis ses débuts avec le modèle EP-1. Moi-même ex-propriétaire d’une version EP-3 dotée de son viseur électronique externe, j’ai toujours considéré cette configuration à la “rangefinder” comme l’interprétation la plus juste représentant le format Micro 4\3, MFT.

L’Olympus PEN-F nous renvoie aux concepts d’appareils photos utilisés par des marques de légende comme le Leica. La similitude est frappante et les clins d’oeil faits par les designers d’Olympus sont nombreux sur le boitier. Qu’on songe à l’interrupteur d’alimentation, le ON/OFF,  ressemblant à s’y méprendre à au bouton de rembobinage de film 135. Ou encore du sélecteur d’options situé à l’avant du boitier rappelant l’ancien sélecteur de vitesses d’obturation lente des Leica série F ou G. Et que dire de la possibilité d’utiliser l’antique cable déclencheur mécanique sur le déclencheur du PEN-F. Bref c’est un véritable festival de nostalgie et de technologie à la fois.

Mais le PEN-F c’est aussi un appareil diablement sérieux et qui peut avoir ses exigences. Utilisable en tout-auto vous me dites? Peut-être mais certains pourront facilement s’y mêler les pinceaux s’ils n’y prennent pas garde. Oui c’est bien un Olympus avec toute sa complexité habituelle à commencer par son interface aux options multiples. Et de plus il est totalement ou presque reconfigurable et il s’agit de bien se rappeler tous ces changements de fonctionalités des différents sélecteurs et boutons-poussoirs.  Donc le PEN-F n’est surtout pas pour le distrait et l’explorateur inconséquent. Non Madame et Monsieur c’est un outil photographique qui demande à être respecté et profondément apprivoisé.

Il s’en est dit beaucoup sur ces formes délicieusement “vintage” suscitant une vague d’amour et d’endossement aveugle par beaucoup de bloggeurs reconnus, respectables et toujours si connaisseurs. Oui le PEN-F ressemble à un Leica M mais de vous à moi qui suis un ancien possesseur devenu pauvre (!) de Leica M4-P et M6, l’Olympus est d’une autre planète sinon galaxie par rapport à ces archaïques télémètres couplés d’un âge révolu. Le PEN-F est issu de l’ère numérique en étant performant, versatile et éminemment fonctionnel. Son capteur surpasse en résultat tout ce que les anciennes pellicules argentiques pouvaient offrir point à la ligne. Son posemètre analyse plus finement que n’importe lequel Sekonic ou Gossen de la génération des appareils à films. Sa mise au point automatique répond à des situations où l’oeil combiné au télémètre ne pouvait être aussi efficient. Bref on laisse tomber les tomates pour se consacrer aux oranges.

Ce que j’apprécie le plus de l’Olympus PEN-F est bien sa “fausse” discrétion classique car personne n’est dupe de votre présence avec cet appareil mignon comme tout mais dont tout le monde est séduit! C’est pourquoi il devient votre meilleur ambassadeur en toutes circonstances surtout en photo urbaine ou en voyage. Et aussi le complice de nombreux sourires. Mais attention le PEN-F peut être également un vrai pro toutes catégories… enfin presque.

En prise de vue son viseur électronique est dans la bonne norme avec un zeste de surplus de contraste surtout pour les scènes ensoleillés. Son temps de réponse est faible lui permettant une bonne réactivité aux situations spontanées. Sa visée-écran est excellente pour la composition précise ou encore les travaux de reproduction. Vrai aussi qu’une visée électronique décentrée ne correspond pas vraiment aux critères demandés pour un viseur d’action et centré prévu pour l’usage des objectifs téléphoto puissants, donc journalistes sportifs s’abstenir. La position des différents sélecteurs et boutons-poussoirs répond à la logique courante pour ce type d’appareil. L’écran-viseur est tactile ou non au choix de l’utilisateur, option déjà existante chez les autres modèles de la série Pen il faut le souligner.

L’Olympus PEN-F est compact mais pas au point de glisser dans la poche de votre pantalon à moins qu’il soit cargo… Si on le combine avec un objectif de focale fixe tel les 12mm, 17mm, 25mm ou 45mm l’ensemble reste discret et relativement léger. La remarque prévaut également pour les objectifs zoom comme les 14-42mm mais au détriment d’une réduction possible de la qualité d’image obtenue et d’une ouverture maximale passablement plus petite.

Avec le PEN-F vous perdez toute inhibition à montrer votre appareil photo et vous redevenez beaucoup plus productif. Vous le tenez prêt à toute éventualité photographique et comme disent mes cousins français, vous shootez! C’est pourquoi le PEN-F est un outil créatif de première ligne toujours  paré à tout pour vous.

La tenue en main du PEN-F n’est cependant pas optimale comme à l’image des anciens télémètres couplés. c’est plutôt un appareil de poitrine (“chest device”) comme on n’en voyait plein sur ces bons vieux touristes allemands des années 1950. Heureusement il est plutôt léger surtout avec une focale fixe comme précédemment mentionné dans ce texte. On le tient pour prendre des photos et non comme certains designs de type DSLR pour exercer ses poignets et renforcer ses biceps. La protubérance frontale du sélecteur de mode d’images  peut être gênante pour certains utilisateurs, c’est dit.

Concernant la qualité et le rendu des images obtenues, l’Olympus PEN-F remplit son mandat en vous offrant des résultats détaillés et des couleurs réalistes sans trop d’accentuations agaçantes et purement commerciales. La neutralité des images en noir et blanc est exemplaire et correspond parfaitement à l’archétype attendu d’un vieux routard comme moi qui a fait son apprentissage et en partie sa carrière avec ce format (N & B) traditionnel dont la renaissance est un autre bienfait de l’ère numérique. À noter également cette possibilité de simuler directement les effets d’un filtre couleur pour le rendu monochrome.

La mise au point automatique est performante dans la plupart des situations. Il faut simplement s’assurer de l’initier dans la zone de netteté privilégiée du sujet. L’option de suivi du sujet, focus tracking, est intéressante si le mouvement reste fluide et selon un axe plutôt linéaire. La fonction “loupe” peut servir à affiner une mise au point effectuée manuellement à l’aide du viseur électronique ou de l’écran-viseur.

Pour des analyses pixel par pixel vous n’avez qu’à vous référer aux multiples ressources Internet spécialisées dans l’analyse de photos “à plat” répétées à l’infini. D’ailleurs tout au long de ma glorieuse épopée de photographe professionnel mes éditeurs se foutaient littéralement du matériel que j’utilisais et ne jugeant mon travail que sur les tirages ou transparents (diapo) présentés. Il en est ainsi dans ce monde cruel… Donc si le PEN-F vous permet de générer des images originales de qualité ayant un impact pour votre auditoire, il remplira vos exigences les plus pointues.

Quelques suggestions peut-être… Un accu BLN-1 et une carte mémoire SD supplémentaires assurément. Pour la photo au flash électronique d’appoint, le diminutif fourni avec l’appareil est par trop faible pour l’emploi à moins qu’il soit utilisé comme unité de déclenchement d’un montage multi-flashes. Privilégiez plutôt une unité autonome en énergie et puissance comme l’Olympus FL600R. La poignée amovible optionnelle ECG-4  ou ses clones a l’avantage de recentrer vers l’arrière l’orifice prévu pour le boulon du trépied et d’offrir un plateau intégré de type Arca-Swiss. Étant donné l’instabilité avérée de la version 2.0 du firmware, une mise à jour vers la nouvelle version 2.1 est fortement suggérée si vous voulez éviter la mise hors service impromptue de l’appareil.

L’Olympus PEN-F vous offre aussi les options de connectivité standard pour la tablette ou le mobile. L’interface est complète et comprend entre autres les options de prises de vues et de transferts des images en mode WiFi mais la connectivité Bluetooth est absence.

En résumé l’Olympus PEN-F est un appareil compact mignon mais sérieux qui incite à la photographie et c’est bien ce qu’on lui demande!

Blog-note on the Olympus Pen-F english version previously published in 2017.

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